L’ABC du plan dialectique matriciel – Chapitre huitième

CHAPITRE 8. LE PLAN DIALECTIQUE MATRICIEL EN TANT QUE RÉPONSE À UNE QUESTION

De ce qui précède, on peut penser que le plan dialectique trouve à s’appliquer exclusivement dans le domaine de l’écrit, en toute occasion où il est nécessaire de construire un plan. Ce n’est pas toutefois parfaitement exact. En effet, le plan dialectique peut également trouver à s’appliquer à l’oral, en réponse notamment à une question. Nous nous attacherons maintenant à montrer comment le plan dialectique matriciel peut également s’appliquer en réponse à certains types de questions.

Du fait de la nature de l’oral, et de la plus grande brièveté de la réponse, nous utiliserons ici une variante simplifiée du plan dialectique matriciel pour fonder la réponse à une telle question. La structure de cette réponse sera non pas celle du plan dialectique matriciel dans son ensemble, mais seulement celle de la troisième partie, consacrée à la synthèse des deux concepts complémentaires.

Il est utile de préciser ici qu’étant donné la nature de l’oral, la réflexion préalable se trouve extrêmement réduite. Par conséquent, ce type de méthode n’est possible qu’à celui qui maîtrise la méthodologie décrite tout au long de cet ouvrage, et qui est suffisamment familier avec les matrices de concepts, pour savoir les identifier à partir d’un concept donné. Cependant, une fois la connaissance de la méthode acquise et un nombre conséquent de matrices connu, il est très aisé d’appliquer cela, y compris aux questions d’oral qu’y s’y prêtent.

Considérons maintenant la question suivante :

La spontanéité est-elle une vertu ?

À ce stade, nous procédons de la manière que pour une question de nature écrite. Nous commençons tout d’abord par reconnaître le concept principal – la « spontanéité » – qui s’analyse en un concept positif, et qui se dénote donc par spontanéité+. La matrice intégrale associée au concept de spontanéité+ est la suivante :

matrice reactions immediates-differees

De là, il résulte la partie 3 du plan dialectique matriciel, qui fait l’alliance entre les concepts A+ et Ā+ de la matrice :

3. La nécessaire complémentarité entre spontanéité+ et calme+

Dès lors, nous pouvons réaliser la réponse à la question, fondée sur la synthèse du plan dialectique matriciel. Une telle réponse peut alors être formulée de la manière suivante :

Très certainement, la spontanéité est une vertu. Mais si dans certaines circonstances, il convient de se montrer spontané, dans d’autres circonstances, il convient aussi de savoir faire preuve de calme et de réflexion.

On le voit, la structure de la réponse, empruntée à la synthèse du plan dialectique matriciel, possède la structure-même de la thèse 2-composée de Napoléon, qui est basée sur l’éloge conjoint des concepts A+ et Ā+ de la matrice, et que nous avons déjà eu l’occasion de rencontrer :

L’art d’être tantôt très audacieux et tantôt très prudent est l’art de réussir. (Napoléon Bonaparte)

UNE AUTRE INSTANCE DE PLAN DIALECTIQUE MATRICIEL EN RÉPONSE À UNE QUESTION

Nous pouvons également donner un autre exemple de réponse à une question d’oral, fondée sur le plan dialectique matriciel. Là aussi, nous baserons cette réponse sur la structure de la synthèse du plan dialectique matriciel, dont la citation de Napoléon constitue un exemple. Considérons ainsi la question suivante :

L’optimisme est-il une qualité ?

La réponse se fonde ici sur la matrice reconstituée, à partir du concept positif d’« optimisme », qui est la suivante :

matrice avantages-inconvenients

Ce qui permet de construire la partie 3 du plan dialectique matriciel, de la manière suivante :

3. La nécessaire complémentarité entre optimisme+ et connaissance des problèmes+

De là, nous pouvons finalement construire la réponse à la question, basée sur la synthèse du plan dialectique matriciel. Cette dernière peut être ainsi formulée :

Oui, certainement, l’optimisme est une qualité. Mais si l’optimisme s’avère nécessaire dans certaines circonstances, il convient à d’autres moments de se montrer averti et de faire preuve d’une réelle connaissance des problèmes et des difficultés.

UNE AUTRE INSTANCE DE PLAN MATRICIEL DIALECTIQUE EN RÉPONSE À UNE QUESTION

Les questions que nous avons envisagées jusqu’à présent présentaient toutes deux la structure de l’éloge d’un concept positif. Il s’agissait respectivement de l’éloge de la spontanéité+ et de l’éloge de l’optimisme+, présentés sous forme de question. Nous allons maintenant considérer des questions qui présentent une structure différente, et qui se présentent en particulier sous la forme du blâme d’un concept négatif. Considérons ainsi :

Le conservatisme est-il une vertu ?

La structure de la question étant différente, elle conduit ici à formuler la réponse de manière quelque peu différente. Car même si la réponse se conclura finalement par la synthèse des concepts complémentaires de la matrice associée, on se doit auparavant de répondre précisément à la question posée. Pour cela, nous procédons de même que précédemment, en reconstituant préalablement la totalité la matrice correspondante, à partir du concept à connotation négative de « conservatisme » :

matrice changement-maintien

De là, nous élaborons la partie 3 du plan dialectique matriciel, de la façon suivante :

3. La nécessaire complémentarité entre aptitude à la modernisation+ et préservation des acquis du passé+

Et ceci conduit à formuler la réponse de la manière suivante :

Le conservatisme ne peut être considéré comme une vertu, car il s’agit d’une notion qui présente une connotation négative. C’est véritablement la préservation des acquis du passé qui constitue une vertu. Mais celle-ci ne doit pas être exclusive, lorsque les circonstances l’exigent, de l’aptitude à la modernisation.

On le voit ici, la façon de traiter une telle question s’avère ici quelque peu différente. Car la structure de cette question est celle de l’éloge – présenté sous forme de question – d’un concept négatif, celui de conservatisme. Une telle structure, nous avons déjà eu l’occasion de le mentionner, présente un degré maximal d’incohérence. C’est pour cette raison que la réponse à la question est plus longue, car il est nécessaire de s’attacher tout d’abord, à faire apparaître cette incohérence, et à la remplacer par une assertion cohérente. Cette dernière réside ici dans l’éloge du concept positif de préservation des acquis du passé+. Ce n’est qu’ensuite que l’on peut présenter, comme dans les cas précédents, la synthèse de nature dialectique qui est constituée de l’union des deux concepts complémentaires de la matrice.

UNE AUTRE INSTANCE DE PLAN MATRICIEL DIALECTIQUE EN RÉPONSE À UNE QUESTION

Afin d’être le plus complet possible, nous nous attacherons à présenter ici une question qui présente un autre type de structure : le blâme d’un concept négatif. Une telle structure, on le sait, présente un degré maximal de cohérence. Considérons ainsi la question suivante :

L’inhibition n’est-elle qu’un défaut ?

Le concept central, on le voit, est ici celui d’« inhibition ». Un telle notion présente une nuance péjorative, et nous pouvons donc la dénoter par inhibition. La structure de la question est bien celle du blâme d’un concept négatif, présenté sous la forme interrogative. En outre, la formulation « n’est-elle que… » invite à la discussion, et à étendre cette dernière à d’autres concepts. Dans ce contexte, la matrice reconstituée est la suivante :

matrice interiorisation-exteriorisation

À partir de là, nous pouvons élaborer la partie 3 du plan dialectique matriciel, par synthèse des concepts complémentaires, de la manière suivante :

3. La nécessaire complémentarité entre aptitude à la réflexion+ et sociabilité+

Et ceci conduit à formuler la réponse de la manière suivante :

Oui, l’inhibition est un défaut. Mais il est parfois nécessaire de faire preuve de la qualité qui lui correspond et qui consiste dans la retenue et la capacité de réflexion. Et ceci n’exclut pas qu’à d’autres moments, on sache faire preuve de sociabilité.

On le voit, un telle réponse comporte en premier lieu, la réponse à la question posée, puis les éléments de discussion qui portent sur les concepts qui sont directement liés au concept central d’inhibition. Et enfin pour conclure, la synthèse de nature dialectique procède par union des deux concepts complémentaires associés.

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